La suppression des jours fériés revient régulièrement dans le débat public comme une piste visant à augmenter le temps de travail et soutenir le financement de politiques publiques. Si une telle réforme devait être adoptée, elle aurait des conséquences concrètes pour les entreprises : organisation du travail, accords collectifs, gestion de la paie, forfait jours, annualisation du temps de travail et dialogue social.
Pour les responsables RH, l’enjeu ne serait pas uniquement juridique. Une évolution du calendrier des jours fériés pourrait nécessiter une analyse approfondie des dispositifs existants et une préparation opérationnelle afin d’éviter les difficultés sociales ou organisationnelles.
À retenir : Une suppression de jours fériés ne modifierait pas automatiquement les règles applicables dans les entreprises. Une intervention législative serait nécessaire, puis chaque employeur devrait analyser les conséquences sur ses accords, son organisation du travail et ses pratiques RH.
Suppression des jours fériés en 2026 : où en est la réforme ?
L’idée de supprimer certains jours fériés n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit dans une réflexion plus large autour du temps de travail, de la compétitivité économique et du financement de la protection sociale.
Le principe évoqué consiste à transformer certains jours actuellement chômés en journées travaillées supplémentaires. Plusieurs scénarios peuvent être envisagés :
- une suppression pure et simple de certains jours fériés ;
- une transformation en journée de solidarité ;
- un mécanisme de contribution spécifique pour les entreprises.
À ce stade, seules les dispositions prévues par un texte légal adopté peuvent modifier le calendrier officiel des jours fériés.
Pour les entreprises, il est donc essentiel de distinguer deux situations :
| Situation | Conséquence pour l’entreprise |
| Aucun texte adopté | Les règles actuelles restent applicables |
| Une réforme entre en vigueur | Analyse nécessaire des accords et pratiques RH |
Les responsables RH doivent donc suivre l’évolution réglementaire tout en préparant différents scénarios.
Quels seraient les impacts d’une suppression des jours fériés pour les entreprises ?
La suppression de jours fériés aurait un effet direct sur l’organisation du travail. Même limitée à quelques journées supplémentaires, une telle évolution pourrait modifier l’équilibre actuel entre temps travaillé, repos et congés.
Une nouvelle organisation des plannings et du temps de travail
Les entreprises devraient revoir plusieurs éléments :
- les calendriers prévisionnels de travail ;
- les plannings des équipes ;
- les périodes de fermeture annuelle ;
- l’organisation des congés ;
- les cycles de production.
L’impact serait particulièrement important dans les secteurs où les jours fériés jouent un rôle majeur dans l’activité :
- industrie ;
- commerce ;
- restauration ;
- tourisme ;
- transport ;
- services accueillant du public.
Une journée travaillée supplémentaire ne représente pas seulement une modification administrative : elle peut avoir des conséquences sur les équipes, les managers et la planification opérationnelle.
Quel impact sur la paie et les charges sociales ?
L’une des principales questions concerne le traitement financier de ces journées supplémentaires.
Deux scénarios peuvent être envisagés.
Hypothèse 1 : suppression pure des jours fériés
Dans ce cas, les journées concernées deviendraient des jours ouvrés classiques.
Le salarié travaillerait normalement et percevrait sa rémunération habituelle.
Il ne s’agirait donc pas d’un dispositif équivalent à la journée de solidarité.
Hypothèse 2 : transformation en journée de solidarité
Le mécanisme pourrait être rapproché de celui instauré après la canicule de 2003.
Dans ce cas :
- le salarié effectuerait une journée supplémentaire de travail ;
- l’entreprise contribuerait via un financement spécifique ;
- des règles particulières pourraient encadrer son application.
Le choix du dispositif aurait donc des conséquences importantes pour la gestion de la paie et les déclarations sociales.
Suppression des jours fériés : quels accords RH vérifier ?
Une évolution du calendrier des jours fériés ne concernerait pas uniquement la loi. Elle pourrait avoir un impact sur de nombreux textes internes à l’entreprise.
Les conventions collectives
Certaines conventions collectives prévoient :
- des jours fériés supplémentaires ;
- des majorations spécifiques ;
- des règles particulières pour certains secteurs ;
- des jours chômés rémunérés.
Les RH devront vérifier si ces dispositions restent compatibles avec une éventuelle réforme.
Les accords d’entreprise
Les accords collectifs peuvent également intégrer des dispositions liées :
- aux RTT ;
- à l’aménagement du temps de travail ;
- aux jours de repos ;
- aux modalités d’organisation annuelle.
Une modification du nombre de jours fériés pourrait nécessiter une adaptation ou une renégociation.
Les usages et pratiques internes
Certaines entreprises appliquent des pratiques historiques :
- fermeture exceptionnelle certains jours ;
- ponts accordés chaque année ;
- journées offertes aux salariés.
Ces usages devront également être identifiés avant toute modification.
Quel impact sur les salariés en forfait jours ?
Les salariés au forfait jours constituent un point d’attention particulier.
Le fonctionnement habituel repose sur un nombre maximal de jours travaillés dans l’année, souvent fixé à 218 jours.
Si certains jours fériés disparaissaient, plusieurs questions se poseraient :
- le plafond annuel de jours travaillés évoluerait-il ?
- les salariés conserveraient-ils leur nombre actuel de jours de repos ?
- un avenant au forfait serait-il nécessaire ?
La réponse dépendrait du cadre légal adopté.
En pratique, les entreprises devront analyser leurs accords forfait jours afin d’éviter une modification automatique des obligations contractuelles.
Quel impact sur le temps de travail annualisé ?
Les accords d’aménagement du temps de travail reposent souvent sur un calcul annuel basé sur la durée légale du travail.
La référence des 1 607 heures annuelles prend notamment en compte :
- les congés payés ;
- les jours fériés ;
- les jours de repos.
Une modification du nombre de jours fériés pourrait donc nécessiter une révision des calculs utilisés dans certains accords.
Les RH devront notamment vérifier :
- le nombre d’heures annuelles prévu ;
- le déclenchement des heures supplémentaires ;
- les règles applicables aux équipes concernées.
La checklist pour anticiper une suppression des jours fériés
Même en l’absence de réforme définitive, les entreprises peuvent préparer un état des lieux.
Checklist responsable RH
✅ Identifier les jours fériés concernés par une éventuelle évolution.
✅ Analyser les conventions collectives applicables.
✅ Vérifier les accords d’entreprise liés au temps de travail.
✅ Examiner les accords forfaits jours.
✅ Contrôler les règles de paie associées.
✅ Identifier les usages internes.
✅ Préparer une communication auprès des managers et salariés.
✅ Mesurer les impacts organisationnels grâce aux données sociales disponibles.
Cette démarche permet de passer d’une gestion réactive à une véritable anticipation RH.
Suppression des jours fériés : des impacts différents selon les secteurs
Les effets économiques d’une telle mesure seraient probablement variables selon les activités.
Industrie
Les entreprises industrielles pourraient bénéficier de jours de production supplémentaires, sous réserve de disposer des ressources nécessaires.
Commerce et services
L’impact pourrait être plus complexe : davantage de jours travaillés ne signifie pas automatiquement davantage d’activité commerciale.
Tourisme et restauration
Ces secteurs pourraient être particulièrement concernés car certains jours fériés correspondent traditionnellement à des périodes de forte fréquentation.
L’équilibre entre production supplémentaire et consommation réelle serait donc un enjeu majeur.
Le rôle des données RH pour anticiper les évolutions sociales
Dans un contexte de changement réglementaire, les entreprises ont besoin d’une vision claire de leurs données sociales.
Les indicateurs RH permettent notamment de mesurer :
- la répartition des effectifs ;
- les organisations du temps de travail ;
- les absences ;
- les coûts liés aux différentes populations ;
- les impacts potentiels d’une évolution réglementaire.
Une approche basée sur la donnée permet aux équipes RH de mieux préparer leurs décisions et d’objectiver leurs échanges avec les managers et les représentants du personnel.
Conclusion : les RH doivent préparer plusieurs scénarios
La suppression des jours fériés reste un sujet fortement dépendant des évolutions législatives. Toutefois, ses conséquences potentielles justifient une préparation en amont.
Pour les entreprises, les priorités sont claires :
- surveiller les évolutions réglementaires ;
- analyser les accords existants ;
- mesurer les impacts organisationnels ;
- préparer le dialogue social ;
- disposer d’indicateurs fiables pour décider.
Une réforme du calendrier des jours fériés ne serait pas uniquement une question de jours travaillés supplémentaires. Elle toucherait directement l’équilibre entre organisation du travail, performance économique et politique sociale de l’entreprise.
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