Gestion RH
8 min

Camille Eggenschwiller est chargée de contenu SEO et marketing digital chez QuickMS. Elle conçoit et rédige des articles à destination des professionnels des ressources humaines, avec pour objectif de rendre accessibles les enjeux RH, SIRH et performance sociale à travers des contenus clairs, structurés et optimisés.

La gestion des demandes d’augmentation est une problématique complexe et sensible pour toute organisation. Elle va bien au-delà de simples ajustements financiers et touche à des dimensions humaines, organisationnelles et culturelles.

Cet article propose une analyse approfondie pour comprendre comment aborder ces demandes lors des entretiens RH avec équilibre et efficacité.  

L’essentiel : Gérer une demande d’augmentation implique d’écouter activement le collaborateur, d’analyser objectivement sa performance et sa contribution, de comparer la demande avec les grilles salariales internes et le marché, puis de répondre de manière transparente en expliquant les critères retenus (compétences, résultats, budget). Une bonne gestion combine écoute, cohérence et équité salariale pour maintenir la motivation tout en respectant les contraintes de l’entreprise.

Comprendre les attentes derrière une demande d’augmentation des collaborateurs

La demande d’augmentation salariale est rarement motivée par une seule raison. Elle reflète souvent des attentes multiples : reconnaissance, sentiment d’équité, projection dans l’entreprise, ou encore insatisfaction sur des aspects non financiers. Notre cofondateur Christophe Aubry Le Comte rappelle qu’« une demande d’augmentation cache souvent d’autres besoins ou frustrations qui nécessitent d’être explorés. »     

Les causes fréquentes :


1. Rémunération inférieure au marché : Lorsque le collaborateur estime que sa rémunération ne correspond pas à ses compétences ou au marché.
2. Manque de reconnaissance : Une perception d’injustice par rapport à ses efforts ou à ses résultats.
3. Désalignement des missions : Une frustration liée à l’évolution de son rôle ou à un manque d’opportunités de progression.    

 

Une majorité de salariés déclarent envisager une demande de hausse de salaire chaque année lors des entretiens annuels, selon le guide des salaires 2026 de Robert Half.

Les conséquences d’une réponse, positive ou négative 

Répondre à une demande d’augmentation dans la gestion des collaborateurs, que ce soit positivement ou négativement, a des impacts importants, à court et long terme.

Réponse positive :

  • Impact limité dans le temps : Une augmentation améliore la motivation entre 30 et 60 jours, selon les études citées. Cependant, sans suivi ou valorisation continue, cet effet s’estompe rapidement.
  • Risque d’effet domino : Une augmentation accordée peut générer des attentes similaires chez d’autres collaborateurs, ce qui nécessite une communication interne rigoureuse.

 

Réponse négative :

 

  • Démotivation durable : Le refus, s’il est mal préparé, peut entraîner une démotivation prolongée (jusqu’à 200 jours en moyenne).
  • Risques organisationnels : Absences prolongées, baisse d’engagement, voire départs anticipés.
  • Désengagement actif : Les collaborateurs désengagés activement (environ 20 % des effectifs) peuvent nuire directement à la performance de l’équipe.

 

Comme l’a souligné Olivier Ordonneau, DRH, « la rémunération est souvent un facteur de démotivation plus qu’un levier de motivation. » Cette réalité oblige à considérer d’autres éléments pour répondre efficacement.   

Le salaire est un facteur clé de départ pour une part importante des démissions volontaires (souvent dans le top 3 des causes citées dans les enquêtes RH) – Source le guide des salaires 2026 de Robert Half.

 

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Les étapes pour bien gérer une demande d’augmentation d’un salarié

Face à une demande d’augmentation, il est essentiel de structurer l’approche afin de garantir une réponse juste et adaptée. Pour cela, il faut aussi avoir prévu une politique de rémunération, en prenant en compte les augmentations de salaire en fonction de l’expérience.

Poser les bonnes questions 

Avant de répondre, les managers et les responsables RH doivent se poser les questions suivantes :


1. Ce collaborateur est-il indispensable ? Quels seraient les impacts de son départ sur l’organisation ?


2. Ses missions ont-elles évolué ? Est-ce que son rôle actuel justifie un ajustement salarial ?


3. A-t-il progressé ? Quelles compétences nouvelles ou résultats notables a-t-il apportés depuis sa dernière révision salariale ?


4. Quelle est la difficulté de le remplacer ?


Dans un marché tendu, le coût et le temps nécessaires pour trouver un remplaçant compétent doivent être considérés. 

Analyser les données de marché

Comparer le salaire du collaborateur aux standards du marché est une étape incontournable. Toutefois, il est essentiel d’intégrer tous les éléments de la rémunération globale (primes, avantages, flexibilité). Souvent, « les collaborateurs se focalisent sur le salaire fixe sans tenir compte du package global. »   

Alternatives à l’augmentation directe 

Lorsqu’une demande d’augmentation n’est pas envisageable, plusieurs alternatives permettent de répondre aux attentes des collaborateurs tout en respectant les contraintes budgétaires de l’entreprise.

Primes exceptionnelles  

Proposer des primes ponctuelles liées à des objectifs spécifiques. Cela permet de valoriser les performances sans engager une hausse permanente des coûts salariaux.  

Opportunités de formation 

La montée en compétences est un levier puissant pour motiver les collaborateurs. Offrir une certification, une formation ou un accès à des ressources de développement personnel peut répondre à un besoin d’évolution.    

Flexibilité et télétravail

Accorder un jour de télétravail supplémentaire ou aménager les horaires peut améliorer la qualité de vie sans coût direct pour l’entreprise. Cependant, ces mesures doivent être appliquées équitablement pour éviter des tensions internes. 

Avantages en nature

Les avantages des salariés permettent d’augmenter la rémunération du salarié grâce à : 

  • Allocation de tickets-restaurants.
  • Participation au transport.
  • Contribution à des abonnements sportifs ou culturels. 

 

Temps de travail réduit avec maintien du salaire 

Inspirée des pratiques nordiques, cette approche repose sur la reconnaissance des gains de productivité. Elle permet de valoriser les employés tout en leur offrant du temps pour eux.
« Pourquoi ne pas permettre à un collaborateur performant de travailler 90 % du temps tout en maintenant son salaire ? Cela favorise l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle, » a proposé Christophe Le Comte.

La transparence : un pari risqué mais prometteur 

Chez QuickMS, les salaires ont été rendus publics dans une démarche de transparence radicale. Si cette initiative a suscité des débats, elle a également permis d’initier une réflexion collective sur l’équité salariale. Cette expérience souligne l’importance de la communication dans la gestion des rémunérations. 

Les enseignements clés :

  • La transparence permet d’identifier des zones de frustration ou d’incompréhension.
  • Elle pousse les collaborateurs à réfléchir collectivement à des solutions d’équité.

S’appuyer sur la pyramide des attentes 

Inspirée de la pyramide de Maslow, la hiérarchie des attentes des collaborateurs peut guider les managers dans leur gestion des demandes :
1. Base : Sécurité et environnement
Garantir un salaire suffisant et un cadre de travail sain.
2. Reconnaissance : Interne et externe
Montrer de la confiance et valoriser les contributions.
3. Sens et perspectives
Offrir des opportunités d’évolution et des projets porteurs de sens.   

Les impacts d’un refus bien géré 

Un refus n’est pas forcément synonyme de démotivation. Lorsqu’il est bien préparé, il peut ouvrir un dialogue constructif et recentrer les priorités.

Préparer une réponse réfléchie 

Avant de refuser une demande, il est crucial de :

  • Rassembler des données précises sur le marché et la performance du collaborateur.
  • Préparer un argumentaire clair, étayé et constructif.
  • Proposer des alternatives concrètes, comme des formations ou des primes. 

Évoluer vers une gestion durable des rémunérations 

La gestion des demandes d’augmentation notamment lors des négociations annuelles obligatoires, ne doit pas être envisagée de manière isolée, mais comme un levier pour transformer la culture d’entreprise. À long terme, des pratiques comme le pay for performance ou l’intégration de bonus basés sur des objectifs collectifs peuvent réduire les frustrations liées à la rémunération.


Vers une équité salariale nationale :
Le télétravail généralisé a bouleversé les écarts de rémunération entre Paris et la province. À terme, il pourrait entraîner une harmonisation des salaires au niveau national.  

Conclusion

Gérer les demandes d’augmentation demande un équilibre délicat entre équité, reconnaissance et contraintes budgétaires. Les entreprises doivent aller au-delà du simple ajustement financier pour répondre aux attentes des collaborateurs et renforcer leur engagement.

Comme le souligne Christophe Aubry Le Comte, “la rémunération est un levier, mais elle doit s’inscrire dans une vision plus large de la gestion des talents et de la culture d’entreprise.” 

Les études de marché montrent une tendance continue à la hausse des attentes salariales, notamment chez les cadres et profils pénuriques (Guide des salaires de Robert Half)

Cet enjeu, bien que complexe, est une opportunité de renforcer la confiance et la fidélité des collaborateurs tout en pérennisant la performance de l’organisation.  

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Questions fréquentes

Une réponse efficace repose sur une analyse objective : performance du collaborateur, équité interne, budget et marché. Le manager doit éviter la réponse impulsive et structurer son échange autour de critères RH clairs.

Une augmentation doit être justifiée par des éléments mesurables : atteinte des objectifs, montée en compétences, impact business ou alignement marché. L’objectivation est essentielle pour garantir l’équité interne. 

Un refus doit toujours être accompagné d’une explication claire et d’une alternative : plan de progression, revalorisation future ou ajustement des objectifs. Cela permet de maintenir l’engagement.

Une demande peut être acceptée si elle est alignée avec la performance, les grilles salariales internes et le positionnement marché. L’équité globale de l’équipe doit aussi être prise en compte.

Les principaux critères sont : performance individuelle, compétences, rareté du profil, équité interne et conditions du marché de l’emploi.

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