Le bilan social individuel en détail

Le BSI, ou bilan social individuel, ou encore bilan social personnel, s’est généralisé au sein des grandes, moyennes et même petites entreprises au courant des années 2010. Pratique héritée des modèles de gouvernance nord-américains, le terme anglophone “Comp&Ben “ est même parfois utilisé dans les entreprises en France pour en désigner les spécialistes. Le bilan social individuel s’inscrit comme un outil au cœur de la communication RH et présente des bénéfices à la fois pour les salariés, les managers et l’entreprise elle-même. 

Le bilan social individuel s’inscrit dans des problématiques de transparence et de bien-être dans l’entreprise et peut, s’il est correctement utilisé, se révéler un formidable outil de dialogue entre les salariés et la structure. Il valorise par ailleurs l’entreprise en tant que marque employeur lorsque sa politique de rémunération globale des salariés est juste ou avantageuse et s’inscrit parmi les outils de communication interne à ne pas négliger.

 

Modèle de tableau de bord RH spécial COVID19

 

Qu’est-ce que le bilan social individuel et à qui s’adresse-t-il ?  

Le BSI, pour bilan social individuel, est remis à chaque collaborateur d’une entreprise de façon individuelle. Il rassemble toutes les informations liées à la rémunération en termes de salaire, d’épargne, d‘avantages sociaux ou encore en nature dont peut bénéficier le salarié d’une entreprise. Utilisé à des fins de communication sociale, il permet en priorité de dresser un panorama de la rémunération du salarié. Ce support de communication RH des entreprises remporte de plus en plus de succès, car son contenu est personnalisable à l’infini, en fonction des objectifs de communication de la structure. Ce n’est pas un document obligatoire, mais il est en général conseillé de le mettre en place dans les organisations. S’adressant aux salariés, il permet d’aider à la fidélisation des talents dans l’entreprise, en valorisant leur travail. C’est par ailleurs un outil de négociation non négligeable pour l’entreprise, notamment au moment des entretiens annuels et dans des contextes de négociation de salaire. Le bilan social individuel est en général fait à l’initiative de l’entreprise, mais les salariés et les instances du personnel peuvent suggérer sa mise en place dans le cadre des communications sociales au sein de l’entreprise. Les salariés peuvent aussi suggérer des éléments qu’ils souhaitent voir apparaître dans le contenu du BSI, sous réserve d’acceptation par l’entreprise. Il peut prendre différentes formes, comme une brochure, une clé USB, un fichier PDF, une page web ou encore un tableau de bord sur un portail RH. Il peut être réalisé par l’entreprise elle-même ou par un prestataire extérieur. 

Point terminologie : il ne faut pas confondre le bilan social individuel avec le bilan social annuel de l’entreprise qui est, lui, une obligation légale aux objectifs et au contenu différents. Le bilan social doit être transmis tous les ans au CSE, pour les entreprises de plus de 300 salariés.

 

Pourquoi mettre en place le BSI ?

Le bilan social individuel a pour principal objectif de montrer aux collaborateurs que la totalité de leur rémunération va au-delà de ce qu’ils lisent sur leur fiche de paie chaque mois. Parmi ses avantages, il convient de mentionner qu’il permet de diffuser de façon claire et transparente la politique de rémunération à chaque salarié, favorisant leur fidélisation. De nombreux salariés n’ont pas forcément conscience de tous les avantages dont ils bénéficient en plus de leur salaire dans l’entreprise, certains sont même considérés comme des acquis, comme les tickets restaurant. La BSI permet de mettre un coût employeur sur tous ces avantages. Un panorama de tous les revenus permet de stimuler la motivation des collaborateurs ainsi que leur engagement. Le bilan social individuel constitue par ailleurs un document de référence dans les discussions entre managers et collaborateurs, notamment dans les situations d’écart de perception de la rémunération de ces derniers. À la différence des lignes sur la fiche de paie, le BSI est habituellement présenté de façon ludique, agréable et facile de lecture, pour être compris de tous. Il présente des avantages souvent incompris, comme les actions d’épargne salariale, participation et intéressement ou encore les couvertures de type mutuelle et prévoyance.

En tant qu’outil de communication RH, le bilan social individuel permet à l’entreprise de mettre en avant sa politique sociale et d’affirmer son avantage concurrentiel en tant qu’employeur. Le document présente une utilité particulière dans des périodes de difficultés en termes de recrutement, de turnover, ou encore de tension sur certains postes ou compétences. Par exemple, Le groupe AG2R la mondiale explique avoir observé des taux de consultation de 82% pour 8000 BSI en 2018, avec un taux de satisfaction de 97% auprès de ses salariés.

 

 

Quelles informations trouve-t-on dans un bilan social individuel ?   

Le contenu d’un bilan social individuel n’est pas encadré par la loi. C’est l’entreprise qui en détermine librement la teneur, elle peut si elle le souhaite faire appel aux instances représentatives du personnel dans ce cadre. En règle générale, le BSI présenté à chaque collaborateur rassemble les informations sociales du salarié. Outre les informations relatives au salarié comme sa date d’entrée dans l’entreprise, son poste, son lieu de travail…, on y trouve les éléments qui concernent :

  • la rémunération, salaire de base, 13e mois, prime d’ancienneté, augmentations individuelles et/ou collectives perçues
  • La progression salariale sur les 3 dernières années
  • Les dates d’entretien
  • les éléments de variable comme les primes d’objectifs, primes exceptionnelles, heures supplémentaires
  • l’épargne salariale (intéressement et participation), avec un échéancier de versements
  • les avantages sociaux comme les mutuelles et prévoyances dont bénéficie ou peut bénéficier le salarié ainsi que la description des différentes options disponibles
  • la répartition des cotisations sociales entre l’employeur et le salarié
  • un éventuel plan de stock-options ou de distribution d’actions
  • les avantages en nature comme le téléphone, l’ordinateur, le véhicule, les repas ou les tickets restaurants
  • les éléments de développement personnel comme les formations ou la gestion de carrière
  • les éléments relatifs à l’environnement et aux conditions de travail comme le temps de travail, les congés payés
  • les projets RH et les engagements actuels et futurs ou encore la culture de l’entreprise.

Il est aussi possible de compléter le BSI avec des informations complémentaires comme les coordonnées des membres des ressources humaines, de la mutuelle d’entreprise, etc. 

Selon les avantages compétitifs de l’entreprise en tant que marque employeur, le choix des contenus mis en avant pourra varier. Comme le BSI participe à véhiculer l’image de l’entreprise auprès de ses salariés, il est en général conseillé de soigner sa présentation, un simple document écrit serait une occasion de communication ratée. Il n’est pas rare que les entreprises présentent les éléments du BSI de façon graphique, notamment avec l’utilisation de méthodes de visualisations de données comme des histogrammes ou des camemberts

Quels sont les avantages du BSI ?  

Le bilan social individuel, quand il est instauré dans une volonté de transparence, permet de donner du sens au travail pour beaucoup de collaborateurs. S’il est utilisé au-delà de sa fonction informative initiale, il devient un formidable outil de dialogue qui bénéficie autant à l’organisation qu’aux managers et aux salariés. Selon les objectifs de l’entreprise et ses enjeux à un instant T, il peut avoir de nombreuses vertus.

Avantages pour l’entreprise

Le BSI représente un outil de communication non négligeable pour mettre en valeur la politique salariale et sociale de l’entreprise. Il permet de mettre en lumière les mesures en termes d’avantages sociaux et de formation pour valoriser les actions de l’employeur. Dans le cas de figure où les employeurs devraient limiter les augmentations, le BSI permet d’apaiser de potentielles frustrations en valorisant les rémunérations “invisibles” des salariés. 

Côté marque employeur, le bilan social individuel permet à l’entreprise de se démarquer sur le marché du travail et face à ses concurrents. Un bilan social individuel ‘type” donné aux candidats en entretien, permet de valoriser la politique de rémunération de l’employeur. Certains employeurs peuvent même décider d’en faire un support d’accueil sous forme de livret ou de dépliant. Le support détaille, en plus des informations reliées habituellement au BSI, des indications supplémentaires sur les engagements sociaux de l’entreprise, les actions culturelles mises en place par son CSE ou encore des éléments qui façonnent la culture de l’entreprise.

C’est aussi un outil de fidélisation des salariés. Il prouve que la rémunération ne se limite pas au salaire et que les revenus “cachés” peuvent être relativement importants. En effet, certains collaborateurs ne réalisent pas forcément tout ce qu’investit l’entreprise pour des avantages comme la mutuelle ou encore les tickets-repas. D’autres salariés ne connaissent pas non plus les avantages d’une épargne salariale ou d’un intéressement. En résumé, c’est un outil qui permet de stimuler l’engagement des collaborateurs. Par ailleurs, le BSI est un excellent moyen de valoriser le travail réalisé par les collaborateurs et de montrer la façon dont il a été récompensé, tout en favorisant le climat social.

Avantages pour le management

Côté management, le BSI permet aux managers de disposer d’un support de référence afin d’expliquer leur rémunération aux collaborateurs. En effet, le management n’est pas forcément toujours à l’aise lorsqu’il s’agit d’expliquer une rétribution dans les détails. On a vite fait de s’emmêler dans les termes et les définitions. Le document peut notamment être utilisé dans le cadre de la préparation des entretiens d’embauche pour détailler les avantages d’un poste aux candidats, mais il est aussi un support de discussion lors des entretiens annuels avec les collaborateurs dans l’entreprise. C’est une référence et un point de départ dans les discussions, notamment dans le cadre de négociations d’augmentations de salaire par exemple.

Avantages pour les collaborateurs

Côté collaborateur, le bilan social individuel permet de disposer d’un panorama complet de la façon dont son travail est rémunéré, voire récompensé. Il n’est pas rare, lorsque l’on questionne un salarié sur sa rémunération, que la réponse se limite au net à payer en bas du bulletin de paie, éventuellement aux tickets restaurant. Pourtant, entre mutuelle obligatoire et autres avantages, certains salariés sont peut-être mieux lotis qu’ils ne le pensent. Lorsqu’il est motivé par une volonté de transparence, le BSI permet au salarié de situer sa contribution dans l’entreprise et de se sentir valorisé par le top management. 

Quand le Bilan social individuel répond à des enjeux de bien-être

Ces dernières années, la question du bien-être en entreprise est prioritaire dans les entreprises de toutes tailles. Qualité de vie au travail, équilibre des temps de vie, reconnaissance du management, de l’entreprise et des pairs… Bien travailler et se sentir bien sont désormais étroitement liés, il est de la responsabilité de l’entreprise de veiller à ce besoin longtemps ignoré au profit d’enjeux de productivité. Si certaines entreprises considèrent encore que se contenter de mettre un canapé dans une salle de repos ou offrir le café à volonté est suffisant pour se sentir bien, elles sont heureusement de plus en plus rares aujourd’hui. Le bien-être en entreprise tient à de nombreux facteurs qui prennent racine à la fois dans les murs de l’entreprise et à l’extérieur, la rémunération en est un central. 

 

Avec des mots simples, le bilan social individuel a vocation à remettre l’humain au centre dans l’entreprise. Une réalité de plus en plus attendue par les collaborateurs. L’humain au centre, donc, car le bien-être des collaborateurs est une gageure. Une grande partie du bien-être réside dans le sentiment d’être reconnu pour ce que l’on fait, la rémunération est la preuve directe de cette reconnaissance, il est donc important de la montrer. Elle donne du sens au quotidien des collaborateurs, encore plus quand elle est associée à du feedback positif, notamment lors des entretiens annuels. Lorsque le bilan social individuel montre que l’entreprise est présente, procure une sécurité et tout cela dans une totale transparence, il en découle une meilleure qualité de vie au travail pour les salariés qui se sentent sécurisés, reconnus et utiles. C’est un pas de plus vers le bien-être. 

BSI digital ou papier ?

À ses prémisses, le bilan social individuel prenant la forme d’une feuille volante nominative, bien souvent adressée individuellement aux salariés par voie postale. De rares entreprises utilisent encore ce moyen, mais aujourd’hui il existe d’autres solutions. En effet, le support papier est coûteux et représente une empreinte carbone non négligeable, d’autant plus lorsque le bilan social individuel est envoyé par courrier. Comme mentionné précédemment, certaines entreprises utilisent le bilan social individuel comme moyen de communication, notamment en phase de recrutement ou comme communication interne. Dans ce cadre, la version imprimée peut avoir une utilité, le BSI prend alors la forme d’une brochure, d’un livret ou d’un dépliant, mais, bien souvent, il n’est pas nominatif et permet simplement à l’entreprise de communiquer sur sa politique de rémunération. Il n’est donc pas si “individuel” que cela dans un tel contexte. Par ailleurs, pour certaines entreprises, le bilan social individuel prend la forme d’un fichier PDF personnalisé, mis en page de façon à valoriser les éléments de rémunération. On peut considérer que cette méthode se rapproche beaucoup de la version papier traditionnelle.

Néanmoins depuis le milieu des années 2010, de plus en plus d’entreprises sont passées au BSI numérique, un format qui provoque un certain engouement côté ressources humaines. Ces bilans sont accessibles le plus souvent sur des supports électroniques comme des sites web dédiés, des plateformes numériques ou encore des tableaux de bord intégrés au SIRH ou à l’intranet de l’entreprise. Dans le contexte, le collaborateur peut accéder à son profil pour consulter son bilan social individuel. Accessibles de façon individuelle à l’aide d’identifiants, ces bilans sur supports numériques garantissent la confidentialité. Ils présentent un certain nombre d’avantages. Côté RSE, le BSI digital permet de réduire significativement la consommation de papier et l’impact de l’entreprise sur l’environnement (un chiffre qui peut vite monter dans les grandes structures). Par ailleurs, ces interfaces numériques permettent une souplesse et une modernité dans le traitement des données relatives au BSI. QuickMS va même plus loin pour la planète, en plantant un arbre pour chaque nouveau client. Les tableaux de bord permettent de visualiser ces données de rémunération en un coup d’œil et de les valoriser et peuvent être mis à jour en temps réel, en fonction des évolutions de rémunération du salarié ou des actualités sociales de l’entreprise. Les possibilités d’un BSI numérique sont pour ainsi dire illimitées, puisque l’entreprise peut déterminer son contenu et l’ajuster à loisir. QuickMS, par exemple, actualise automatiquement le BSI à l’aide des données de la déclaration sociale nominative (DSN).  

Du côté des salariés, le bilan social individuel sous forme numérique présente l’avantage d’être accessible de n’importe quel ordinateur, parfois même sur mobile ou tablette, de n’importe où et à n’importe quel moment.

 

Quelle est l’histoire du BSI ?

Le BSI est apparu dans la deuxième moitié des années 90 au Canada et aux États-Unis, les médias évoquent son arrivée en France à la fin des années 90 dans des grands groupes comme les laboratoires pharmaceutiques ou les compagnies d’assurance. En anglais, on parle de « Compensations & Benefits politics ou reviews ». Le terme « Comp&Ben est familier aux grandes entreprises. Au départ plutôt mis en place dans ces dernières en raison du budget et des processus nécessaires, il commence à se démocratiser aux entreprises de taille moyenne françaises (ETI) au début des années 2010. À ses débuts, les BSI étaient remis aux salariés directement ou envoyés à leur adresse postale sous enveloppe cachetée, afin de protéger la confidentialité de leurs données. Ces dernières années, le bilan social individuel sous forme numérique s’est démocratisé, progressivement remis sur clé USB par certaines entreprises ou encore via plateforme digitale, tel que QuickMS le propose, pour d’autres. Aujourd’hui, les outils numériques permettent de démocratiser la pratique à toutes les entreprises, notamment grâce à la possibilité de mise à jour du BSI à moindres coûts.

Sources :

 

 

WEBINAR

Share This
1.